Ja podeu llegir els meus escrits publicats en e-book a Amazon. Compreu-los. No us els perdeu.

dimarts, 12 de gener del 2016

La joie, c'est le pouvoir



Je le savais même avant d’y entrer, je l’avoue, mais ce m’était impossible de ne pas entrer. La vendeuse sympa de l’affreux café me connaissait d’un autre café affreux où elle avait travaillé aussi comme serveuse, excellente serveuse, un café que j’avais l’habitude de fréquenter malgré, ou justement à cause, de la vulgarité du café ou plutôt du bizarre mélange entre son médiocre ensemble et quand même l’ineffable qualité de quelques produits qu’on y servait, des produits aussi vulgaires mais avec grâce, pour ainsi dire, ce qui au bout du compte leur rendait un air d’excellence irrésistible, du moins pour moi, au point de me pousser à ce café et pas à aucun autre des dizaines de cafés en village, tout aussi médiocres mais sans cette bizarre qualité que je viens de définir.


Dès qu’elle me vit, la femme sourit, un gros sourire qui sembla un ressort qui la propulsât de derrière le comptoir avant de m’embrasser très chaleureusement, pas pour rien j’ai précisé qu’elle était sympa, si sympa qu’était l’âme du café, bien que ce n’était trop difficile à la lumière de la qualité offensante de la plupart des cafés du coin. Je lui demandai un sandwich d’omelette, comme je fais toujours que je rentre dans un café pour la première fois. Ce serait possible un sandwich d’omelette, s’il te plaît ?, et elle me répondit avec un sourire d’étonnement qui d’emblée je ne compris, mais qui sur le coup me rappela que la serveuse était, effectivement, sympa, mais qu’en plus de ça était conne, tout à fait conne, aussi conne, je pensai, que l’omelette bien cuite, bien de mauvais goût qu’elle eût fait au cas où elle l’aurait pu servir, cela ne fait pas un pli. Ensuite je regardai le comptoir, juste un coup d’œil, et lorsque je vis un de ces sandwiches vulgaires que je m’attendais, les sandwiches identiques à ceux des cafés vulgaires aux sandwiches vulgaires, je souris aimablement et lui dis je voudrais ce sandwich-là, s’il te plaît.


Alors que j’attendais à la table je me mis à regarder le café, très moderne le café, comme il faut, comme les gens d’aujourd’hui les préfèrent, semble-t-il; bien illuminé, c’est dire trop illuminé, inutilement illuminé, fâcheusement illuminé à mon avis, d’autant plus qu’il était le matin, mais bien apparemment propre, le café, ne fût-ce que la propreté du plastic. Bien creux, le café, je crois bien. D’une vulgarité exquise, répétitive ad nauseam, si j‘ose dire. Puis m’arriva le sandwich accompagné du sourire de la serveuse toujours aux lèvres après avoir raconté une blague stupide à sa copine serveuse, à en juger par l’éclat de rire stupide de celle-ci. Inutile de dire que le sandwich était infâme, mais pourtant il ne me déçut, bien au contraire, lorsque je le goûtai il était effectivement dégoûtant à cause notamment de la vulgarité absolue du pain, même si le jambon avait plutôt goût de savon. Toutefois, le sandwich immangeable me semblait un peu mieux que prévu.


Puis je mangeai le sandwich, morsure après morsure, et pour éviter de me rappeler que j’étais en train de le manger je regardais les clients, comment ils mangeaient leurs sandwiches, leur visage de satisfaction ou du moins d’inconscience absolue de l’atrocité qu’ils avalaient avec confiante passion. Quelle bénédiction, d’être comme ça, pensai-je. Comme je les envie ! Je voudrais être comme eux ! Je veux être eux!, pensai-je. La serveuse était heureuse, elle aussi, ravi maintenant derrière le comptoir prenant une baguette du rayon pour un client. C’était bien évident qu’elle, la serveuse sympa, était heureuse de travailler comme serveuse, qu’elle était heureuse, et que toute sa gentillesse ne provenait que de sa joie de travailler comme serveuse sans même pas savoir du tout ce qu’elle servait chaque jour travaillant comme serveuse, parce que, entre autres raisons, il ne fallait pas quand même le savoir vue la jouissance des clients en avaler ce ratatouille-là. Je regardais ça et pensai à l’impossibilité du triomphe de l’excellence, de la raison, et même de savoir vraiment qu’est-ce que la gentillesse, si elle existe. Parce qu’à tout le moins là, dans le café, il ne semblait exister que le bonheur, quel que soit son prix.

Cap comentari:

Publica un comentari a l'entrada